Aller au contenu

« Je serai » ou « je serais » : le test qui tranche à tous les coups

TL;DR : « je serai » est un futur, « je serais » un conditionnel. Le test : mettez la phrase au pluriel. « Nous serons » confirme le futur, « nous serions » confirme le conditionnel. La différence ne s'entend pas à l'oral, ce qui explique pourquoi elle se rate autant à l'écrit. Exact corrige ces terminaisons en un raccourci sur Mac (Control+Espace) et depuis le clavier Exact sur iPhone.

Une faute qui change ce que vous promettez

« Je vous enverrai le devis demain » engage. « Je vous enverrais le devis demain » attend une condition que la phrase n'énonce pas, donc elle laisse votre lecteur en suspens.

Un seul s sépare les deux, et aucun francophone ne fait la différence à l'oreille dans la conversation courante. Vous écrivez donc celle que votre main a l'habitude de taper.

Le test du « nous »

Mettez le verbe à la première personne du pluriel. La terminaison devient audible et la question se règle.

  • Je serai disponible jeudi → nous serons disponibles jeudi. Futur, donc pas de s.
  • Je serais disponible si la réunion glissait → nous serions disponibles. Conditionnel, donc un s.

Le test fonctionne pour tous les verbes : « j'aimerai » devient « nous aimerons », « j'aimerais » devient « nous aimerions ». Deux secondes de vérification, aucune règle à retenir.

La règle du « si »

Le conditionnel apparaît quand une condition existe, exprimée ou sous-entendue.

  • Si vous validiez aujourd'hui, je lancerais la production. (condition explicite)
  • Je serais ravi d'en discuter. (condition sous-entendue : si vous le souhaitez)
  • Je vous serais reconnaissant de me confirmer. (même construction, formule de politesse)

Et la contrepartie, qui est la faute la plus répandue de tout le français écrit : jamais de conditionnel après « si ». On écrit « si j'avais su », pas « si j'aurais su ». Le « si » porte déjà l'hypothèse, le verbe qui le suit passe à l'imparfait.

Les emails, cas par cas

Vous voulez direFormeExemple
Un engagement datéFuturJe vous enverrai le contrat lundi.
Une politesse, une demandeConditionnelJe vous serais reconnaissant de m'indiquer.
Une propositionConditionnelJe serais disponible mardi matin.
Une confirmation fermeFuturJe serai présent à la réunion.
Une hypothèseConditionnelCela nous permettrait de gagner une semaine.

La règle pratique : si vous promettez, écrivez sans s. Si vous proposez ou si vous demandez, écrivez avec.

Le même piège au passé

La confusion se rejoue une génération plus tôt dans la conjugaison, entre passé simple et imparfait.

  • Je mangeai : passé simple, une action ponctuelle et achevée. « Je mangeai en vitesse et je repartis. »
  • Je mangeais : imparfait, une action qui dure ou qui se répète. « Je mangeais quand il a appelé. »

Le même test du pluriel tranche : « nous mangeâmes » contre « nous mangions ». Le passé simple se raréfie dans les écrits professionnels, donc l'imparfait l'emporte dans la plupart de vos phrases. Il reste les comptes rendus rédigés au passé simple par convention, et là le test redevient utile.

Deux verbes qui compliquent le test

« Aller » et « faire » changent de radical entre les deux temps, ce qui rend le test encore plus lisible : « j'irai » contre « j'irais », « je ferai » contre « je ferais ». Le pluriel donne « nous irons » et « nous irions », « nous ferons » et « nous ferions ».

« Envoyer » mérite un mot à part, parce que son radical double le r au futur comme au conditionnel : « j'enverrai » et « j'enverrais ». Beaucoup écrivent « j'envoierai », qui n'existe pas.

Pourquoi un correcteur classique passe à côté

Les deux formes existent, les deux sont correctement orthographiées, et les deux se conjuguent sans faute. Un correcteur qui compare vos mots à un dictionnaire n'a rien à signaler : « serais » figure dans le dictionnaire au même titre que « serai ».

Trancher demande de lire ce que la phrase dit, et de repérer la condition ou l'engagement. Exact envoie la phrase à un modèle qui la lit dans son ensemble, ce qui lui permet d'attraper le cas où votre « si » plus haut appelait un conditionnel plus bas.

Ce n'est pas infaillible. Sur une phrase qui accepte les deux lectures, aucun outil ne peut deviner ce que vous vouliez promettre. Le test du « nous » reste votre filet.

En résumé

Futur sans s, conditionnel avec s, et le pluriel pour trancher. Après « si », jamais de conditionnel. Et si vous écrivez cinquante messages par jour, faites passer un correcteur avant l'envoi plutôt que de compter sur une relecture que vous ne ferez pas. Exact est disponible sur Mac et iPhone ; les offres sont sur getexact.app.

À lire aussi

Écris sans limite.

Voir les tarifs