Corriger un texte avec ChatGPT : le prompt qui marche, et ce qu'il ne règle pas
TL;DR : ChatGPT corrige bien l'orthographe et la grammaire, à une condition : lui interdire explicitement de toucher au style. Sans cette consigne, il améliore votre texte au lieu de le corriger, et vos phrases ne sonnent plus comme vous. Le prompt ci-dessous règle ce point. Trois limites restent hors de portée d'une consigne : la typographie française, qui passe par des caractères invisibles, l'aller-retour entre deux fenêtres, et la question de ce que devient votre texte. Exact corrige sur place, en un raccourci (Control+Espace) sur Mac et depuis le clavier Exact sur iPhone.
Pourquoi tout le monde essaie
ChatGPT est déjà ouvert dans un onglet. Vous doutez d'un accord dans un mail, vous le collez, vous tapez « corrige ce texte », et la réponse arrive. Pas de logiciel à installer, pas de compte de plus.
Sur le fond, le réflexe est bon. Un modèle de langage comprend une phrase entière, pas une suite de mots isolés. Il attrape donc ce qu'un correcteur à dictionnaire laisse passer : « il c'est trompé », un participe passé accordé avec un complément placé trois lignes plus haut, un « quand » qui aurait dû être un « quant ».
Le problème n'est pas ce qu'il corrige. C'est ce qu'il change en plus.
Il corrige plus que les fautes
Pour un modèle conversationnel, « corrige ce texte » est une demande vague. Il la comprend souvent comme « améliore ce texte ». Vous récupérez alors un message où :
- des mots simples ont été remplacés par des synonymes plus soutenus ;
- deux phrases courtes sont devenues une longue ;
- le ton a glissé vers le formel, ou vers l'enthousiaste ;
- une formule d'introduction ou de conclusion est apparue alors que vous n'en aviez pas écrit.
Chaque changement pris isolément se défend. Ensemble, ils produisent un texte que votre interlocuteur ne reconnaît pas comme le vôtre. Et un collègue qui lit vos messages tous les jours voit la différence avant de voir les fautes corrigées.
Deuxième effet, moins visible : deux demandes identiques ne donnent pas le même résultat. Le modèle ne suit pas une règle fixe, il produit une réponse probable. Vous ne pouvez donc pas savoir d'avance ce qu'il va toucher.
Le prompt qui le limite aux fautes
La solution tient dans la consigne. Plus elle interdit, mieux ça marche. Celle-ci fonctionne bien, copiez-la telle quelle avant votre texte :
« Corrige uniquement l'orthographe, la grammaire, la conjugaison et la ponctuation du texte ci-dessous. Ne change ni le vocabulaire, ni l'ordre des phrases, ni le ton, ni la longueur. N'ajoute rien et ne supprime rien. Respecte la typographie française : espace insécable avant les deux-points, le point-virgule, le point d'exclamation et le point d'interrogation, guillemets « ». Renvoie seulement le texte corrigé, sans commentaire. »
Trois éléments font le travail. La liste fermée de ce qu'il a le droit de corriger. La liste explicite de ce qu'il n'a pas le droit de toucher. Et « sans commentaire », qui vous évite le paragraphe d'explication à effacer avant de recopier.
Si vous voulez vérifier ce qu'il a changé, ajoutez : « Puis liste chaque correction sous la forme : avant → après. » Vous verrez tout de suite s'il a débordé.
Ce que le prompt ne règle pas
La typographie invisible. L'espace insécable n'est pas une espace ordinaire : c'est un autre caractère, qui a la même apparence à l'écran. Vous ne pouvez pas vérifier à l'œil si le modèle l'a posé, et rien ne garantit qu'il le fasse à chaque fois, même quand la consigne le demande. Or c'est elle qui empêche un point d'interrogation de partir seul à la ligne suivante. Pour le détail des règles, voyez notre article sur la typographie française.
Le trajet. Sélectionner, copier, changer d'onglet, coller le prompt, coller le texte, attendre, copier la réponse, revenir, remplacer. Pour un rapport, c'est acceptable. Pour un message Slack de deux lignes, personne ne le fait, et c'est précisément là que les fautes partent.
Ce que devient votre texte. Vous collez un mail client, un compte rendu interne, un devis. Selon vos réglages, les conversations avec ChatGPT peuvent servir à entraîner les modèles d'OpenAI : l'option se désactive dans les paramètres de confidentialité. Si vous écrivez pour une entreprise, regardez aussi ce que sa politique interne autorise avant de coller quoi que ce soit.
Quand ChatGPT reste le bon outil
Tout ce qui vient d'être dit concerne la correction. Pour d'autres tâches, ce qu'on reproche à ChatGPT devient exactement ce qu'on lui demande :
- réécrire un paragraphe confus de fond en comble ;
- changer le registre d'un texte, du familier au formel ;
- traduire un message ;
- trouver trois façons de commencer un mail délicat.
Là, vous voulez qu'il change vos phrases. Le mieux est de séparer les deux gestes : écrire ou réécrire avec un assistant conversationnel, puis corriger avec un outil qui ne touche qu'aux fautes.
Corriger sans ouvrir de fenêtre
Exact part de l'autre bout du problème. Ce n'est pas une conversation, c'est un raccourci. Vous sélectionnez votre texte dans l'application où vous l'écrivez, vous appuyez sur Control+Espace, et la version corrigée remplace l'original sur place. Le remplacement passe par le presse-papiers et un ⌘V simulé : il fonctionne dans Mail, Slack, Word, Notion, Safari et la plupart des apps macOS, pas dans un champ de mot de passe ni dans les rares apps qui bloquent la simulation de frappe.
Trois différences avec ChatGPT, qui répondent aux trois limites ci-dessus :
- La consigne est fixée pour vous. Le modèle a pour instruction de corriger les fautes sans réécrire vos phrases. Vous n'avez pas de prompt à retenir ni à recoller.
- La typographie française est du code, pas une consigne. Espaces insécables, guillemets « », majuscules accentuées : une passe déterministe s'applique après le modèle, et donne le même résultat à chaque fois.
- Pas d'onglet. Le texte ne quitte pas la fenêtre où vous l'avez écrit.
Le modèle de correction est celui de Mistral, une entreprise française, et il est le même sur l'offre gratuite et sur l'offre payante. Ses limites, dites franchement : il faut une connexion, et Exact n'existe aujourd'hui que sur Mac et iPhone.
Comment choisir
| Ce que vous voulez faire | L'outil qui convient |
|---|---|
| Réécrire, traduire, changer de ton | Un assistant conversationnel comme ChatGPT |
| Corriger un long document de temps en temps | ChatGPT, avec le prompt ci-dessus |
| Corriger des messages courts toute la journée, dans toutes vos apps | Un correcteur par raccourci clavier |
| Une typographie française garantie à chaque fois | Un outil qui l'applique par du code |
En résumé
ChatGPT est un bon correcteur si vous lui interdisez d'être autre chose. Le prompt de cet article le cantonne aux fautes et vous rend votre texte, pas le sien. Ce qu'aucune consigne ne change, c'est le nombre de gestes entre votre faute et sa correction, et la typographie qui ne se voit pas. Si vous corrigez surtout des messages courts, dans dix applications différentes, c'est ce trajet qui décide si vous corrigez ou non. Exact est disponible sur Mac et iPhone ; les offres sont sur getexact.app.